Ce n’est pas uniquement parce qu’il est mon beau-frère que je mets cet article sur lui, mais bel et bien parce que j’adore aussi ses créations. Je me suis permise de recopier l’article d’un magazine local afin de vous le faire connaître et de faire connaître sa technique de peinture. Croyez-moi il mérite d’être connu dans le domaine très particulier qu’est l’Art à l’île Maurice.
Dès que j’aurai des photos de ses tableaux je vous les mettrai. Il fait une expo en solo aux alentours de juillet, si vous êtes sur place, n’hésitez pas à aller le voir ! Artiste jusqu’au bout il vous séduira, c’est sûr!
http://www.lemauricien.org/wes/060317/in.htm
http://www.lemauricien.org/wes/in060317.htm
PORTRAIT : RISHI SEERUTTUN
Pyro-peintre
Ses œuvres prennent naissance sous les flammes. Peinture et feu sont les matériaux de base utilisés par cet artiste en éternelle quête de renouveau. L'originalité de Rishi Seeruttun séduit.
Devant lui, des teintes de jaune et de rouge qui vacillent au gré du vent. Les couleurs qui jaillissent et dansent le long de la toile finissent par s'effacer, laissant derrière elles de sombres empreintes poudreuses et calcinées. L'effet est voulu, recherché même. Dans son éternelle quête d'originalité, l'artiste a tronqué ses pinceaux contre des langues de flammes. Il a transformé la chaleur destructrice du feu en caresses créatrices. Entre des jets d'essence, des flammes qui s'élèvent et une température à la limite du tolérable, il crée par le feu. Si l'élément reste sauvage, Rishi Seeruttun n'aspire pas à le dompter. Lui se contente de jeter les bases de sa création selon ses inspirations du moment. Aux flammes, vivaces ou capricieuses, de décider de l'esquisse qui servira de principal support à l'œuvre. Les contrastes monochromes seront plus tard relevés par quelques ajouts de peintures, permettant, ainsi, à l'artiste d'aller au bout de sa vision. Que ce soit dans son interprétation de l'amour, de la vie et de la spiritualité ou relativement à ses questionnements. Ce qui séduit dans l'art de Rishi Seeruttun, c'est cette créativité combinée à une originalité acquise par son insistance à se lancer dans des expériences et des recherches nouvelles. Tel est sans doute son genre : en ce moment, il se veut pyro-artiste.
Rudiments. Dans le contexte présent, tout au long de la création, la technique et le matériel utilisés sont volontairement rudimentaires, autre spécificité de l'artiste. En guise de support pour ces tableaux, des bouts de jeans coupés et placés sur des cadres en bois et peints en blanc, orange, rouge… Ce premier montage attire déjà l'attention, surtout lorsqu'il y ajoute des variances par des formes ou des couleurs. Il y a des années de cela, il s'arrêtait là. Certains de ses tableaux restant accrochés à l'un de ses murs pour témoigner de cette période. Plus loin, des peintures de différents styles, des sculptures dans différents matériaux, des pièces de bijouterie formant un ensemble et d'autres travaux témoignant des différents genres auxquels il a touché depuis que l'art l'a séduit. À ses gribouillages d'enfance, s'est ajoutée une passion développée dans les classes de dessin au collège St Joseph. Si, plus tard, il étudie le textile à l'Université de Maurice, en parallèle, il suit des cours d'art au MGI et profite de la liberté qui lui est offerte pour toucher un peu à tout. "Je me suis essayé à plusieurs techniques et, à chaque fois, je me sens le besoin de bouger vers une autre. Je ne me sens pas capable de me contenter de la même chose", raconte-t-il.
Fire. Allez comprendre comment et pourquoi, mais c'est ainsi qu'il finit, un jour, par mettre le feu à ses jeans montés sur cadre et peints. Le jeu est simple : de l'essence est projeté sur le tableau posé avant qu'il ne soit enflammé. Rishi Seeruttun, un chiffon à la main, se contentant de contrôler les flammes avant qu'elles n'entament complètement la toile. Le procédé laissant derrière des contrastes, l'oxydation des couleurs amenant de nouvelles teintes insoupçonnées. Le tout telle une peinture abstraite, restant libre d'interprétation. En 1998, quand à l'occasion d'une exposition collective, il présente ce concept, l'idée ne passe pas : "On m'a dit que cela n'allait pas marcher." C'était surtout que Rishi Seeruttun avait, dans sa recherche de l'originalité, pris de l'avance sur son temps, ces autres peintures, plus classiques, récoltant en même temps une meilleure attention. "Mais j'ai persisté." Six ans plus tard, à une autre exposition au Salon de Mai de 2004, face aux mêmes tableaux le public réagit de manière nettement plus positive. "C'était quelque chose de nouveau qui l'intéressait." À l'atelier de pARTage, de l'année dernière, le pyro-peintre se laisse davantage découvrir et saura, une fois de plus, laisser apprécier ses œuvres.
Inspiration. Depuis, Rishi Seeruttun n'a cessé d'améliorer sa technique que ce soit dans la composition de la peinture de base, la texture, les ajouts, etc. Chaque œuvre se voulant pour lui la photographie d'un moment, d'une réflexion provoquée dans le présent, d'un sentiment vécu à cet instant. "Je m'inspire d'événements de ma vie. Mon travail est le reflet de mon humeur du moment. Je fais cela pour garder mes bons comme mes mauvais souvenirs." Si bien qu'il revient rarement sur un travail complété, profitant aussi de son art pour mettre en surface certaines interrogations qui demeurent. De là, son imagination reste libre.
Une trentaine d'années, ses recherches ne sont pas encore finies. En ce moment, artistiquement, Rishi Seeruttun se consacre à cette technique qu'il n'a pas encore fini d'exploiter. Une fois rassasié, il innovera… "Je ne travaille pas par obligation, mais par plaisir et c'est ce qui me permet d'avancer. Je n'aspire pas à vendre, mon but c'est de faire un pas en avant."

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Exposition
Une dizaine d'années dans l'art, Rishi Seeruttun a participé à plusieurs manifestations artistiques et se fraye, à son rythme, une place dans le tableau. D'ici quelques mois, l'artiste espère sortir davantage de l'ombre et travaille en ce moment sur ce qui sera sa première exposition en solo. Ce sera en juillet au MGI. Rendez-vous est déjà pris…
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Cadre
Pour Rishi Seeruttun, passionné d'art, le paysage local aurait été plus reluisant si davantage de manifestations avaient été organisées pour des échanges entre artistes locaux et étrangers. L'artiste croyant fermement que d'aucuns ne sauraient que mieux grandir de ce partage d'idées. Reste encore, dit-il, au pays de comprendre la nécessité de se doter d'une véritable galerie où les œuvres seraient mieux représentées, dans un cadre approprié. Encore du chemin à faire, restant terre à terre, loin des tours d'ivoire, il demeure de ceux disposés à participer à cette révolution.