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Moi, femme admirable…

Femme, ton heure viendra!

 

 

Hier j’ai entendu Joséphine, ma voisine, parler de la journée de la femme… Nous aurons encore une fois droit aux ministres engoncés avec des discours pompeux, à moitié incompréhensibles. Et aussi à ces femmes rassemblées par les associations de quartier, mises dans des bus fournis gratuitement par le ministère de la femme et qui iront assister à ces discours sous une tente verte avant de terminer la journée à la plage de Belle-Mare. Mais il leur faudra  rentrer avant 17 heures pour faire le repas de la famille. Ce sera plus un pique-nique qu’une célébration…

Finalement ça m’aurait bien plu de former partie de ce groupe… Mais il est trop tard ! Faudrait que je demande à Kumar et en plus s’il est mal luné, il pourrait refuser et faire un tapage. Et là-dessus, il faudra faire garder les gosses… non trop de difficultés en perspective.

Il fut un temps où les choses avaient été moins compliquées, moins tendues. Je suis une femme bridée, de la lignée de celles qui sont soumises à l’homme.

Moi…? Je suis Prada, l’aînée de quatre enfants. Ma famille a toujours connu des moments durs mais on s’en était toujours sorti. Mon père, de la race de ceux qui tiennent à l’honneur de leurs filles avant le mariage, avait toujours un œil sur  ma sœur et moi. Jamais le droit d’aller chez des amis d’école, jamais le droit de sortir seules. Si on voulait aller quelque part, le petit frère nous accompagnait toujours. Malgré son jeune age, il avait ainsi appris son rôle de chaperon et de garant de l’honneur de ses sœurs… et de la femme… Je voyais bien déjà en lui, l’image perpétuée de mon père ! Mais sinon nous nous accommodions de ces petites gênes et avions une vie « normale ».

Ma mère Maligay, belle femme, avait tout de la femme soumise. Soumise à ses parents elle avait accepté d’épouser  et de devenir  la soumise de Premchand. Je ne peux dire si elle était heureuse mais je savais qu’elle mettait son mariage et son mari avant toute chose. Très jeune, elle nous avait inculqué, à ma sœur et moi, des bases qui feraient de nous de parfaites petites Maligay.

Elle n’était pas méchante au demeurant, mais avait une vision étriquée du devoir de la femme. Comme sa mère et la mère de sa mère et toutes celles qui l’avaient précédé, elle était l’objet de son homme.  Non seulement ventre pour perpétuer la race de Prem, mais aussi son balai, sa brosse coco, sa roche à laver, son fourneau… Et malheureusement aussi, souvent elle devenait son souffre douleur, son objet sexuel, son subalterne.

C’est ainsi que Maligay nous appris, comment faire le ménage, laver le linge et préparer un repas. Quand nous fumes assez grandes pour nous occuper de tout cela, elle proposa à Prem de la laisser travailler pour améliorer le quotidien. Fallait dire que ce quotidien n’était pas brillant… Mon père qui n’a jamais reçu d’éducation, se débrouillait pour nourrir sa famille ! Il se transformait en marchand de fruits, ensuite en marchand de gâteaux ou de chips au marché de la région.  Nous devions l’aider à faire ses gâteaux qu’il allait vendre tous les mardis. Des fois les samedis, on l’accompagnait pour couvrir un plus grand champs d’action et ainsi en vendre plus.

On avait juste de quoi se nourrir, se vêtir et payer le loyer. La maison, déjà petite était partagée entre deux familles. Nous avions les deux pièces du devant et une pièce et une cuisine, improvisées entre le mur de la boutique du chinois et la maison. Derrière vivait un couple avec leurs deux enfants. Tout le monde se côtoyait et on entendait tout ce qui se passait chez les uns et chez les autres.

L’école devint vite notre échappatoire. Ma sœur et moi nous adorions y aller pour rencontrer des amis et nos profs. Contrairement à ma sœur, bien qu’appliquée, je n’arrivais pas toujours à être d’un bon niveau. C’est pour ça que je me suis souvent demandée comment mes parents avaient accepté de se priver pour m’envoyer à l’école jusqu’à la sixième. J’espérais tellement bien faire à cet examen qui m’aurait permis de passer à une éducation supérieure mais force était de constater que je n’étais pas assez intelligente pour le faire. Ayant échouée, je n’eus d’autre alternative que de rester à la maison et aider ma mère au quotidien.

Donc à 11 ans, presque sans éducation je me retrouvais entre 4 murs, sans avenir et sans perspective autre que ceux que mes parents me laisseraient suivre. Et c’est là que Maligay en  profita pour prendre son envol. Avec moi à la maison, et l’aide ponctuelle de ma sœur, elle savait que toutes les taches seraient faites. Quand la proposition atterrit dans l’oreille de Prem, tout d’abord son orgueil de mâle en prit un coup. Mais ensuite l’idée d’avoir une vie meilleure avec un salaire qui tomberait tous les mois, lui plu.  De plus, moi n’allant plus à l’école, je devenais presque qu’inutile… trop jeune pour me marier ou trouver un boulot, autant que je fasse la bonne à la maison tandis que ma mère  ferait  la même chose ailleurs, mais pour un salaire.

Et ce fut là que les choses changèrent pour nous. Ma mère, bien que libre à travailler chez qui elle voulait, était maintenant devenue celle qui ramenait les sous à la maison. L’orgueil de Prem apprit à s’en accommoder et il allait de moins en moins au marché. Du coup je me retrouvais à jouer à la maman auprès de ma sœur et mes frères et à la bonne toute la journée.

Ma sœur ayant, elle, réussit à aller en secondaire, ne voulu pas continuer ses études s’estimant pas assez intelligente pour le faire. Mes parents n’insistèrent pas et elle vint me rejoindre dans les tâches quotidiennes. Nous nous retrouvâmes ainsi deux de trop à la maison. C’est alors que je demandais à mon père d’aller travailler à l’usine. Habitué maintenant à ce que ce soit la femme qui apporte l’argent à la maison, il me laissa partir.

Deux femmes à lui apporter deux salaires fixes, quelques ventes de temps en temps au marché et une maison bien entretenue, que fallait-il de plus à cet homme pour être heureux ?... Une maîtresse… qu’il se procura facilement et qui en plus habitait quelques rues plus loin. D’abord ils se rencontraient en cachette, personne ne sut grand-chose car lui pouvait sortir sans donner d’explications sur ses faits et gestes.

Ensuite je vis ma mère s’assombrir, maigrir et devenir triste. Fallait dire que les coups pleuvaient encore plus à la maison. Pour un oui pour un non et tout le monde y passait. D’abord je cru que c’était à cause de l’humeur massacrante de mon père et que ça allait se calmer. C’est mon frère qui me fit part de la chose, un soir, n’y tenant plus devant l’absence de mon père et la mine défaite de ma mère. Lui, qui avait le droit de mâle, de sortir sans donner de raison, avait appris par ses amis, qu’elle s’appelait Minouche. Elle était mariée et avait déjà des enfants avec son mari Sylvain. Tout ceci eut l’effet d’une bombe sur nous et ma mère nous avoua qu’elle s’en doutait mais qu’elle ne pouvait rien y faire.

Au début, nous avions tenté de lui faire entendre raison mais notre vie devint un enfer. Ma sœur n’y tenant plus, décida qu’elle aussi irait travailler dans une usine. Ceci profita aux amants qui n’hésitèrent pas à se voir chez nous. Personne n’étant là et faisant fi de ce que diraient les voisins, elle arrivait le matin après notre départ et repartait juste avant qu’on revienne. Le soir, quand Prem était là, à la moindre parole, au moindre geste, les coups pleuvaient et tous y avaient droit. Le cauchemar fut tel qu’on préféra quand il allait la rejoindre.

Je n’ai jamais su comment ils faisaient mais le mari de Minouche ne fit quasiment rien pour empêcher cela… Si ce n’est qu’un soir, mon père revint plus tôt que d’habitude, les vêtements en sang et le visage bouffi. La famille de Sylvain lui avait tendu un piège et l’avait roué de coup. Pendant plusieurs jours il ne quitta pas la maison mais ce qui ne refroidi en rien son ardeur… c’est ainsi que quelques mois plus tard, on apprit que Minouche attendait un bébé. Bien que cet enfant fût reconnu par Sylvain, tous savaient que Prem en était le père car la ressemblance y était trop flagrante. Ma mère, lasse de tout ça et pour avoir enfin un peu de tranquillité, se soumis, encore une fois, à la situation. La tension sur nous diminua aussi d’un cran.

Et moi, jeune fille, qui longtemps fut gardée sous bride et tout à coup libérée, profita du fait que mon père était occupé ailleurs. A l’usine, tous parlaient d’amour. Les couples légitimes et illégitimes se formaient. Certaines femmes qui, elles aussi avaient commencé à travailler depuis l’ouverture de ces usines, se sentirent libérées physiquement, moralement et sexuellement.

Je fis la rencontre d’un jeune homme, à part le fait qu’il était plus petit que moi en taille, rien ne m’empêchait d’essayer de goûter au fruit défendu avant qu’on ne me trouve un mari. Et pourquoi pas,  même s’il n’était pas de la même religion que moi, je pourrais imposer Mahen à ma famille et l’épouser. Mais on se rencontrait en cachette de nos parents. Emportée par cette liberté affichée par mes collègues d’usine, je fis comme certaines d’entre elles quand  Mahen devint un peu plus entreprenant. C’était parfait jusqu’au jour ou une bonne âme charitable et bien intentionnée alla tout raconter à mon père. Ma vie devint un enfer, j’étais surveillée, battue en cas de suspicion. Et ce qui m’étonna c’est que même ma mère s’y mêla avec agressivité. Jamais n’avait-elle  pensé que j’aurai pu avoir un autre destin qu’elle si j’avais pu faire mon choix en amour ? …

Les choses devinrent plus dures entre Mahen et moi… tellement dures qu’on se sépara plusieurs fois jusqu’au moment fatal de la rupture définitive. Quand mes parents l’apprirent, ils s’adoucirent et leurs problèmes personnels reprirent le dessus et ce qui fit que je retrouvais la même liberté qu’avant. C’est là que je rencontrait Kumar… je rigole mais en fait il était le frère aîné de Mahen et il était déjà au courant que j’avais eu une aventure avec son frère. Cela ne l’empêcha pas de m’aimer. Il était plus grand et peut-être plus beau. Je ne résistais pas à ses avances non plus… mais pris soin à ne plus me laisser surprendre par qui que ce soit.

Après quelques mois de cette relation, je commençais à être soucieuse, trois mois de suite je n’avais pas eu mes règles. Je n’étais pas nauséeuse donc je ne me souciais pas d’être enceinte. J’en parlai quand même  à une collègue qui me proposa de faire un test en pharmacie. Elle se dévoua pour y porter mes urines et se faire passer pour moi. Le verdict tomba, j’attendais un bébé. Paniquée j’en parlais à Kumar qui du coup en fut encore plus ébranlé que moi. C’est ainsi que j’appris qu’il ne voulait passer qu’un moment avec moi avant d’aller voir ailleurs et qu’avec ce gosse je foutais son avenir en l’air. Il me laissa dans un désespoir total et mon amie m’amena chez un médecin… J’étais donc enceinte de deux mois et demi mais j’avais peur de suivre le conseil du médecin et de me faire avorter. Je poussais cette solution à plus tard et voulu prendre du recul pour réfléchir.

A la maison ce soir là, je vis le regard suspicieux de Maligay mais je prétextais d’une migraine et alla me coucher tôt.

 Au boulot on me donnait des noms de médecins qui en douce pratiquaient l’avortement, je les pris mais je ne pouvais m’y résoudre. Anita m’avait fait comprendre que si j’attendais, ce serait plus difficile ; sa tante a failli mourir lors de sa dernière tentative tardive d’avortement. Mais non, il fallait que je parle à Kumar. Finalement la surprise vint de lui, c’est lui qui m’attendait à la sortie de l’usine et m’annonça qu’on allait en parler aux parents ensemble.

En rentrant chez moi, une autre surprise m’attendait. Contrairement à d’habitude mon père était là. Visiblement Maligay avait subit ses coups car elle pleurait mais qui me choquât fut le regard de haine qu’elle ma lança ! Dès qu’il me vit, mon père lança un cri roque et m’ordonna d’approcher. La première gifle que je reçue, fit que tout devint noir autour de moi, il s’acharnait mais personne n’intervint. Il devait avoir appris la chose… Je subis les coups en serrant les dents et comme il évitait le ventre, donc…

Quand il se fut rassasié  des coups donnés, il sortit. Maligay n’avait toujours pas perdu son regard haineux. Comme avais-je pu leur faire ça ! Faire la pute comme la fille de la voisine, c’est elle qui a dû me montrer le pas. Je laissais dire pour ne pas attirer plus de coups. Faute à demie partagée est punition à moitié subie ! Qu’est-ce qu’ils allaient faire de moi ? Et ma grand-mère qui m’avait trouvé un bon parti. La honte, la honte, la honte…et le malheur…

Mon père revint avec Kumar qu’il avait choppé sous la boutique du chinois… on du s’expliquer longuement et il promit de revenir avec ses parents. Chose qu’il fit et le mariage civil fut fixé. Je partie finir ma grossesse chez une tante et me mariait au père de mon fils.  Kumar dut trouver un boulot sérieux car moi je ne pouvais plus travailler et il travaillait dur. Mes parents faisaient comme-ci je n’existais plus.  A la naissance de Vikram je me retrouvais seule, personne n’était là pour me soutenir. Son arrivée me fit beaucoup de bien.  Quand elle apprit la naissance de son petit-fils, Maligay commença à venir voir son petit-fils en cachette.

Ma vie de couple n’était pas si mal même s’il y avait des problèmes d’argent. Mais Kumar perdit son boulot et on était à la rue. Miraculeusement quand mon père apprit la chose, il accepta qu’on vînt passer un peu de temps avec eux. Il vit son petit-fils et accepta son gendre et fit comme si tout cela n’était pas arrivé. Vikram grandit et fut bientôt rejoint par une petite sœur, Minakshi. Comme Kumar avait toujours des difficultés dans ses boulots, je me décidais à retourner à l’usine. Les voisins, derrière, libérèrent les pièces de la maison, nous décidâmes de la louer en entier. Ce moment de paix, fut hélas de courte durée !

Moi qui m’étais jurée de faire gaffe, je me retrouvais avec un troisième bébé dans le ventre. C’est là que les choses commencèrent à aller mal dans mon couple. Kumar se bagarra avec mes parents car ils avaient entendu dire qu’il ne bossait plus et  même qu’on le soupçonnait de vol. Nous partîmes fâchés de chez mes parents vers une maison en tôle à quelques rues de là. Il y faisait froid en ce mois de juillet et Kumar avait trouvé un boulot de nuit. Heureusement que je m’étais lié d’amitié avec la voisine qui promit d’avoir un œil sur moi.

Cette nuit là, je me réveillais avec un peu de douleur. Sans hésiter, j’appelai la voisine qui déboula dans sa robe de chambre. Il fallait trouver quelqu’un pour me conduire à l’hôpital ou une sage-femme et faire avertir Kumar. Mais mon enfant voulait naître. Il vint au monde sans aussi facilement qu’une lettre à la poste. Complètement déboussolées par la situation, nous laissâmes le bébé dans l’eau du bain en attendant que la sage-femme arrive pour couper le cordon. Le petit prit froid et mourut…et avec lui, une  partie de mon âme. Mes parents acceptèrent que l’enterrement se fasse chez eux et je restais quelques temps avec eux. Au retour chez moi, Kumar avait vendu la télévision et le loyer n’étant pas payé, nous allâmes vivre chez mes beaux-parents.

Mon mari travaillait de moins en moins et nous dépendions grandement de sa famille. Ses frères belliqueux ne facilitaient pas les choses. Kumar se mettait à voler, à avoir de mauvaises fréquentations, à me taper ! Et moi… et moi je devins le clone de Maligay… soumise, subissant les coups sans broncher et travaillant pour deux sous dont je ne voyais même plus la couleur au bout de quelques jours et heureusement que j’appris à tricher pour que mes gosses aient quelque chose. Mon frère vint me voir souvent et c’est comme ça que je pouvais aussi compter sur lui. Etrangement quand je le regardais, il avait pris l’allure et la façon de parler de mon père. Ma deuxième fille vint au monde et ce fut une courte trêve.

J’appris bien vite que mon mari se droguait.  Maintenant ses sales boulots n’étaient plus pour nourrir sa famille mais pour se trouver ses doses. De plus en plus violent ; il voulait de l’argent que je n’arrivais plus à lui donner donc il se mit encore plus à traîner du matin au soir avec acolytes drogués. Dans sa famille ce n’était guère mieux, lors d’une bagarre, le benjamin des frères tua Mahen. Au bord de la crise de nerfs, je pris mes 3 enfants et alla vivre chez mes parents qui avaient entre-temps déménagés dans une maison plus grande, celle de ma grand-mère. Mon père ne travaillait toujours pas et était toujours collé à Minouche, mais ma mère était plus protégée par sa famille. Les usines commençaient à fermer et je perdis mon emploi et me retrouvai femme de ménage chez un jeune couple avec deux enfants. J’accouchais d’une 3ème fille, mon 5ème enfant.

Kumar ne venait plus à la maison que pour manger, se laver quand il y pensait, et demander de l’argent. Divorcer n’est pas quelque chose qui se fait dans la famille. Par-dessus tout, ce n’est pas bien vu par la société, même si le mari est un drogué doublé d’un voleur. De plus j’en ai assez des étiquettes qui me sont collées au dos et je n’ai pas envie qu’on en rajoute. 

Ce matin, je ne sais pas pourquoi je vois ma vie défiler devant moi sur la roche à laver de ma patronne. Peut-être à cause de ce sixième bébé que j’attends. J’ai un mari qui malgré tout continue à exercer son droit de mari sur moi et ceci en tout. Même si souvent  ce n’est plus qu’une loque … À la naissance de ce petit, je me ferai ligaturer les trompes même si Kumar ne le veut pas. Et si pour la première fois de ma vie, j’essayais de sortir des griffes des mâles? Et si pour une fois je faisais fi à tout ce monde et que je ne pensais qu’à moi ?...

En sortant du boulot, je passerai chez Joséphine lui dire de me retenir une place dans le bus pour demain…

P.P

Vos commentaires

1 Le Lundi 1 Janvier 2007 à 11:14 GMT+2, par Nini

Zaza, tu as su saisir si bien un instant de vie. Continue stp à écrire.....

Gros bisous.
Nini

2 Le Mardi 8 Mai 2007 à 17:02 GMT+2, par ariane


Zaza, j'en ai les larmes aux yeux
tu décris si bien ces instants et tu racontes si bien ces souffrances

merci et comme dit Nini surtout continue

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